Comment choisir une psychothérapie ?

Tour d’horizon de thérapies 
Quand on cherche un psychologue, on tombe vite sur des sigles et des noms qui ne veulent pas dire grand-chose de prime abord : TCC, EMDR, ACT, thérapie systémique… Ces approches reposent sur des façons différentes de comprendre la souffrance psychique, et certaines sont plus indiquées que d’autres selon ce que vous traversez. Voici une présentation simple des approches les plus proposées aujourd’hui à Besançon.
 
La thérapie cognitivo-comportementale (TCC)
La TCC part d’un principe simple : nos pensées, nos émotions et nos comportements s’influencent mutuellement et on peut agir sur ces cercles vicieux pour aller mieux. Le travail consiste à repérer les pensées automatiques, les comportements et les schémas de raisonnement qui entretiennent la souffrance (anxiété, ruminations, évitements), puis à les questionner et à expérimenter progressivement de nouveaux fonctionnements.
C’est une thérapie structurée, souvent limitée dans le temps, avec des exercices entre les séances. Elle est particulièrement recommandée pour les troubles anxieux, les phobies, le trouble obsessionnel-compulsif, la dépression et les troubles du sommeil.
 
Les thérapies de « 3e vague » (ACT, pleine conscience, thérapies des schémas)
Ce sont des évolutions plus récentes de la TCC. La thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT), par exemple, ne cherche pas à faire disparaître les pensées ou émotions difficiles, mais à changer le rapport qu’on entretient avec elles, pour pouvoir continuer à agir selon ce qui compte vraiment pour soi, même en leur présence. La pleine conscience y est souvent intégrée comme outil.
La thérapie des schémas, elle, s’intéresse aux modes de fonctionnement installés depuis l’enfance (schémas d’abandon, d’exigences élevées, etc.) qui se rejouent dans la vie adulte, notamment dans les relations.
Ces approches sont utiles pour les difficultés qui s’enracinent dans le temps : mal-être chronique, troubles anxieux résistants, difficultés relationnelles récurrentes.
 
Les thérapies psychodynamiques et analytiques
Héritières de la psychanalyse, ces approches partent du principe qu’une partie de notre fonctionnement psychique nous échappe : des conflits, des désirs ou des expériences passées, souvent enfouis, influencent nos comportements et nos symptômes actuels sans qu’on en ait toujours conscience.
Le travail se fait principalement par la parole libre, sans structure d’exercices imposée, dans une temporalité en général plus longue. L’objectif n’est pas de résoudre un symptôme précis mais de mieux se comprendre en profondeur, de mettre du sens sur ce qui se répète dans une vie (relations, choix, blocages).
 
La thérapie systémique
Ici, la personne n’est pas considérée isolément mais comme membre d’un système de relations (couple, famille) dont le fonctionnement peut, sans que personne ne soit « en tort », entretenir une souffrance. Le thérapeute travaille avec plusieurs personnes en même temps et s’intéresse aux interactions, à la communication, aux rôles de chacun.
Elle est particulièrement adaptée aux difficultés de couple, aux conflits familiaux, aux crises adolescentes ou aux situations où le symptôme d’une personne semble lié à une dynamique relationnelle plus large.
 
L’EMDR
L’EMDR est une thérapie spécifiquement développée pour le traitement des traumatismes. Elle repose sur l’idée qu’un souvenir traumatique mal « digéré » par le cerveau reste actif et continue de générer de la souffrance (flashbacks, hypervigilance, réactions disproportionnées). En s’appuyant sur des stimulations bilatérales (mouvements oculaires, tapotements), le thérapeute aide le cerveau à retraiter ce souvenir pour qu’il perde sa charge émotionnelle.
Elle est indiquée pour le stress post-traumatique, mais aussi de plus en plus pour des traumatismes plus « discrets » (deuils compliqués, violences, accidents, épisodes de vie douloureux) qui continuent à peser sur le présent.
 
L’ICV (Intégration du Cycle de la Vie)
L’ICV est une approche plus récente, elle aussi centrée sur le traitement des expériences difficiles et des traumatismes, mais avec un outil particulier : la ligne de vie. Le thérapeute aide la personne à reparcourir cette frise chronologique, de manière rythmée et répétée, pour « relier » les souvenirs entre eux et remettre du fil narrativement là où des événements sont restés isolés, figés ou déconnectés du reste.
Elle s’appuie sur les découvertes de la neurobiologie de l’attachement et vise à restaurer un sentiment de continuité et de cohérence dans son histoire, en douceur, sans nécessiter de raconter les événements en détail. Elle est particulièrement indiquée pour les traumatismes complexes, les troubles de l’attachement, les vécus de dissociation ou d’engourdissement émotionnel, et convient bien aux personnes pour qui revivre le trauma en détail (comme cela peut être demandé dans d’autres approches) est trop coûteux.
L’hypnose thérapeutique (souvent ericksonienne)
L’hypnose thérapeutique utilise un état de conscience modifiée, proche de la relaxation profonde, pour contourner les résistances du mental conscient et mobiliser des ressources inconscientes. Contrairement à l’hypnose de spectacle, la personne reste toujours consciente et actrice de la séance.
Elle est souvent utilisée pour la gestion du stress, de la douleur, des phobies, des troubles du sommeil, ou en complément d’autres approches.
 
La Gestalt-thérapie
La Gestalt s’intéresse à ce qui se passe « ici et maintenant » dans la relation entre le patient et le thérapeute, en s’appuyant beaucoup sur le corps, les émotions et le ressenti présent plutôt que sur le récit du passé. Elle vise à restaurer un contact plus authentique avec soi-même et avec les autres.
Elle convient bien aux personnes en recherche de développement personnel, aux difficultés relationnelles, ou à celles qui ont du mal à identifier et exprimer ce qu’elles ressentent.
 
L’approche intégrative
De plus en plus de psychologues ne s’inscrivent pas dans une seule école mais construisent une pratique intégrative : ils s’appuient sur plusieurs approches et les articulent selon la personne, sa problématique et ce qui fait sens pour elle à un moment donné. L’idée n’est pas de mélanger sans cadre, mais de disposer d’une palette d’outils cohérents, choisis parce qu’ils sont validés pour la difficulté concernée, et ajustés au rythme et au fonctionnement de chacun. Cela permet souvent une prise en charge plus souple qu’une méthode unique appliquée de façon systématique.
 
Comment choisir ?
Il n’existe pas une « meilleure » thérapie dans l’absolu : le choix dépend de la difficulté rencontrée, mais aussi de ce qui vous correspond en termes de fonctionnement comme avoir une structure et des exercices concrets ou plutôt un espace de parole libre qui permet l’élaboration.
Le plus important reste souvent la qualité de la relation avec le thérapeute: se sentir en confiance et en sécurité pour parler librement est nécessaire pour que la thérapie soit efficace.